Un bon thérapeute, c’est quoi ?

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Un bon thérapeute, c’est quoi ?

Qu’est ce qu’un bon thérapeute ? Combien de fois ai-je entendu ou lu cette question que je me suis moi-même posée à de nombreuses reprises.
Tout d’abord, revenons sur la définition du mot « thérapeute » : Le mot « thérapeutès » en grec, signifie d’abord soigner, prendre soin.

Je souhaite revenir sur cette définition, car là il a quand même un débat à soulever. Je vois TROP de thérapeutes (sous-entendu, professionnels de thérapies alternatives ou médecines douces) qui prétendent SOIGNER ou GUERIR. Un thérapeute n’a AUCUN PRETENTION. N’A AUCUN DEVOIR DE RESULTAT. Et si tel est le cas, je pense qu’une remise en question est nécessaire.
L’attente de résultats peut provenir autant des consultants que des professionnels, c’est légitime, car tout cela a un coût. Voir « si çà marche » ou pas, chercher à trouver des réponses en toute chose, et surtout de vouloir à tout prix AIDER les autres. Au final, ce qui tracasse(agasse), c’est de se fixer des objectifs, on se met une pression supplémentaire sur les épaules, contre-productive, alors que ce qu’il convient de faire, ne serait-ce pas simplement : ETRE ET LAISSER FAIRE LA NATURE. Etre présent à l’autre, le guider, c’est tout ce qui compte.

Parenthèse. Avoir la certitude d’un résultat, ou du moins, travailler sous obligation de résultat, c’est ce que font déjà les médecins de la médecine traditionnelle allopathique, car guérir un symptôme c’est accessible (jusqu’à un certain stade, entendons-nous bien), un médicament, un diagnostic, et le tour est joué ! Mais la pleine guérison est-elle atteinte ? On ne va pas entrer dans le vif du sujet, mais force est de constater – moi-même d’après mon expérience – que la médecine moderne ne résout pas tout.
On entre alors dans un débat sans fin. Médecine traditionnelle VS médecines alternatives et complémentaires. Là où le médecin traditionnel va soulager un symptôme, les médecines douces et holistiques vont prendre en compte l’être dans sa totalité pour connaître la source de ces déséquilibres. Comprendre l’origine de nos maux, c’est mettre le doigt sur un schéma répétitif que l’on ne souhaite plus expérimenter. Voici un début de guérison. Une prise de conscience.

Je lisais une phrase dernièrement, tirée du très bon livre de Jean-Yves Leloup « Prendre soin de l’Etre », paru aux Editions Albin Michel. : « Le thérapeute, c’est aussi un être « qui sait prier » pour la santé de l’autre, c’est à dire appeler sur lui la présence et l’énergie du Vivant qui seul peut guérir toute maladie et avec lequel il « coopère ». Le thérapeute ne guérit pas, il « prend soin », c’est le Vivant qui soigne et qui guérit. Le thérapeute n’est là que pour mettre le malade dans les meilleures conditions possibles pour que le Vivant agisse et que la guérison advienne ». (page 20)

Il écrit encore, très justement « Prendre soin de l’Être, n’est-ce pas s’occuper d’abord de « ce qui va bien en nous », regarder vers ce point de lumière qui dissipera nos ténèbres. La guérison nous est donnée par surcroit. »
Autrement dit, voici la clef : être positif ! Pratiquer dans l’être total que nous sommes et reliés à notre cœur. Accompagner, transmettre une énergie, sans jugement, dans l’accueil.

Pas question de faire à la place de l’autre, de lui mâcher le travail, ou de forcer quoi que ce soit, de toute façon, çà ne marchera pas. Et votre « client » va prendre la poudre d’escampette et vous n’entendrez plus parler de lui. Simplement, d’être là, en conscience, et d’aider l’autre à raviver la flamme du vivant.

Personnellement, je l’avoue, j’ai longtemps hésité à accoler le terme « thérapeute » à mon nom pour définir ma pratique. Se définir comme thérapeute c’est déjà offrir une CERTITUDE qu’une guérison va opérer. Or, on n’en sait rien, car cela ne dépend pas de nous.

Nous sommes face à une polémique. Trop de pression d’un côté, où les thérapeutes sont soumis à des tests, interrogations, doutes, hésitations quant à la finalité de leurs accompagnements, dans une société où les thérapies alternatives et guérisseurs en tous genres font surface, face à la force en présence de la médecine traditionnelle qui elle, a, certes, des devoirs de résultat (pas toujours convaincants…), et de l’autre, les thérapeutes eux-mêmes  qui luttent pour faire entendre leur voix, rendre crédibles leurs pratiques…

Au final, nul n’est parfait pour l’autre.

Il n’y a pas de vérité absolue, pas de définition fixe du mot thérapeute, chacun donnant sa propre définition selon ce qu’il vit, et les différentes étapes de son chemin de thérapeute.

Chaque question posée à soi-m’aime a sa juste cause.  Chaque interrogation est une manière d’avancer, car nous sommes, finalement, nous-mêmes nos propres thérapeutes, et les meilleurs qui soient pour nous-mêmes.

TRANSMUTER LA SOUFFRANCE EN MOUVEMENT DE VIE           

La relation thérapeutique intervient comme un effet miroir. L’autre nous renvoie nos propres projections.
Nos propres consultants sont-ils des éclaireurs ? Un grand OUI, c’est un échange. Nous évoluons tous au fil de nos expériences, et chaque consultation est un moment privilégié qui permet sans cesse de nous renouveler. Juste un moment. Là, déjà, c’est du passé. On est passé à un autre stade. On l’a fait c’est déjà un grand pas. Il n’y aucune honte à le reconnaître, le thérapeute expérimente également une leçon de vie. Car si l’on doit donner une définition du mot THERAPEUTE, je dirais que c’est celui qui OSE dire qu’il ne sait pas, qu’il ne fait pas, qu’il ne croit pas. C’est, finalement, celui qui se rend à sa propre nature d’Homme, celui qui OSE parler de lui et mettre carte sur table. A ce propos, je pense que pour œuvrer dans cette voie il est certain qu’il faut avoir connu des moments bien sombres. Pas de lumière sans ombre, pas d’ombre sans lumière…

La Guérison clef en main est une belle illusion : le rôle du thérapeute est d’ouvrir les portes de la conscience, ne serait-ce qu’une petite brèche, pour permettre au « vivant », à l’énergie, au prana, au Qi, d’œuvrer étape par étape, et encourager l’auto-guérison.

Pour accéder à la guérison, il faut accueillir et accepter le changement et se laisser porter par le mouvement de l’énergie. Et çà, personne ne peut le décider à notre place.

ON SE GUERIT SOI-M’AIME

Un thérapeute ne regarde pas « seulement » la maladie, mais aussi tout ce qui est en bonne santé chez le consultant. Il tient compte de la personne dans son intégralité, qui elle est, son histoire, il se « branche » sur ses vibrations, seulement si la porte est ouverte. Au-delà des apparences et des symptômes, il s’agit de ranimer la flamme, réveiller l’âme, soulever les couches d’une carapace forgée avec le temps, pour en extraire la substance divine, le positif qui transcende tout.

Un « bon thérapeute », ce sera aussi celui avec qui on se sent bien, en confiance, serein, en sécurité, sur un petit bout de chemin de vie. Car s’il y a une finalité, elle est bien là : il n’y a pas de FIN. Nous serons toujours tous soumis aux fluctuations de la nature, au changement, car tout est énergie. C’est dans notre capacité à accepter ce changement, et à se poser les bonnes questions, que nous pourrons nous remettre sur les rails et garder une estime de soi. Gardons bien cela à l’esprit : nous sommes incarnés sur Terre pour expérimenter notre mission de vie et surmonter les obstacles, car il y en aura toujours. C’est en fait, nous ne serons jamais tranquilles, au chaud, dans notre petite zone de confort. Alors vous vous voyez continuer à consulter un médecin ou un thérapeute toute votre vie au moindre souci, sans comprendre qui vous ETES vraiment et qu’est ce qui est à l’origine de tout cela ? Alors comment trouver la guérison et la paix ?  A cela, je ne répondrai que par un mot : l’AMOUR.

Et là je sors peut être de la sphère professionnelle, mais c’est pour bien illustrer mes propos, pour vous démontrer à quel point c’est en nous-mêmes que les clefs de la guérison se situent. Consulter des thérapeutes, expérimenter diverses méthodes est tout à fait concevable pour quelqu’un qui ne SAIT pas, ou du moins, qui a BESOIN de guérir quelque chose en lui, sans outils à sa disposition. On se tourne vers l’extérieur, car c’est ce qu’on nous a appris à faire depuis l’enfance : être dépendant de l’autre, notre propre survie, comme un enfant accroché au sein de sa mère. C’est tout à fait légitime. Point de jugement. Je suis passée par là. Jusqu’au jour où quelqu’un croise votre route et toutes vos valeurs, vos croyances, vos peurs, vos mémoires ancrées éclatent en mille morceaux. Çà fait mal, çà fait peur, çà surprend, c’est énorme. Mais c’est nécessaire. Et comme le disait si justement Sandrine Verrycken dans une vidéo de sa chaîne Astro Etik, si le problème survient, c’est que vous êtes prêt à le surmonter. Et là commence un processus de guérison : nous sommes prêts. Responsable de notre vie. A cœur ouvert. On réouvre les plaies. Tout notre système de schémas est transformé, voire obsolète. Cette rencontre, ce peut être un/une amoureuse, un/une amie, un/une thérapeute, un rêve, un mot, une image, un voyage, peu importe. C’est une alchimie salvatrice et facilitatrice, un cadeau du ciel. Et des rencontres comme celles-ci, il y en a plein, chaque jour… chacune a son propre rôle, pour peu que nous ayons l’ouverture d’esprit de le reconnaître d’abord, puis de l’expérimenter. Ouvrir ses œillères.

Ce n’est pas le médecin qui guérit, c’est la Nature. Votre Nature. Vous. Le thérapeute, quel qu’il soit, met la personne qui souffre dans les conditions qui permettront à la nature de la soulager. C’est l’Etre qui guérit de l’intérieur. Le bien-être est déjà là, en vous.

Maintenant que nous avons passé en revue la définition du mot thérapeute, autant le rappeler, être thérapeute est une chose, mais pratiquer en est une autre. Ce n’est pas seulement s’en tenir à être présent, bien au contraire. Et c’est là que les outils thérapeutiques prennent toute leur place. Sinon, n’importe qui peut devenir thérapeute. On parle bien de guérison n’est ce pas ? De prise en charge ! Et là, pas de secret. C’est une vocation. Il faut être prêt. Solide. Armé. PEU IMPORTE L’OUTIL QUE VOUS CHOISIREZ, METTEZ EN ŒUVRE CE QUI EST EN ALIGNEMENT AVEC VOUS-MÊME.
– Une formation de base solide, et des formations complémentaires pour ajouter des cordes à votre arc,
– Une linéarité et une stabilité dans votre communication,
– Une bienveillance et une ténacité,
– Une confiance en soi inébranlable,
– De toute évidence : une prise en charge de soi-m’aime, pour mieux guider l’autre. S’aimer. Honorer la vie. Et la transmission sera fluide, claire, limpide, douce et bienveillante.

Se remettre en question est une chose importante pour progresser concrètement et offrir des prestations clairement définies, mais si nous arrêtions de nous poser des questions, de laisser un peu ce mental de côté de temps en temps, et de simplement ETRE là. Arrêter de se dire que l’on est plus ou moins efficace que l’autre. Et surtout, rendre l’autre autonome, et pas dépendant de nous. Lui offrir cette liberté d’agir et d’être. Le rendre responsable et autonome. Lui tendre la main, c’est tout.

Vanessa Bianchi


Illustration de couverture : Tom O’Brien
Illustration dans l’article : René Magritte, “le thérapeute”.
Livre cité dans l’article : “Prendre soin de l’être, Pilon et les thérapeutes d’Alexandrie”, par Jean-Yves Leloup (éditions Albin Michel)

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Vanessa Bianchi