La phytothérapie

Phytothérapie vient du grec « phyto » ou « phyton » qui signifie végétal et « therapeuein », soigner. La phytothérapie est donc une méthode thérapeutique utilisant les propriétés des plantes. Depuis l’antiquité, certaines plantes sont utilisées à des fins médicales pour soulager certains maux : on parle de plantes médicinales.

La phytothérapie utilise les parties aériennes des plantes (feuille, fruit ou fleur) aussi bien que leurs parties souterraines (racine), une même plante pouvant comporter une ou plusieurs parties actives.

Le premier texte connu sur la médecine par les plantes est gravé sur une tablette d’argile, rédigé par les Sumériens en caractères cunéiformes 3000 ans av. J.C; ils utilisaient des plantes telles le myrte, le chanvre, le thym, le saule en décoctions filtrées.  Un peu plus tard, au XIe siècle avant J.C, les Egyptiens réputés pour avoir été des précurseurs, écrivaient le « Papyrus Ebers », premier recueil connu consacré aux plantes médicinales. En 400 av. J.C, Hippocrate, « fondateur de la médecine », écrit un traité sur 250 plantes médicinales. Au début du XVIe siècle, le grand tournant est pris grâce au médecin suisse Theophrastus Bombatus von Hohenheim (1493-1541) appelé Paracelse. On lui doit la notion de principe actif. Sa fameuse idée maîtresse est encore valable: « Tout remède est un poison, aucun n’en est exempt. Tout est question de dosage ». Il a élaboré la célèbre théorie des signatures qui lie les vertus de la plante à sa forme, sa couleur ou ses propriétés morphologiques. L’œuvre de Paracelse exerça une énorme influence durant les XVIe et XVIIe siècles.

Le XIXe siècle, qui dessine les contours de la pharmacie moderne, marque une transition: de l’usage de plantes ou de parties de plantes, on glisse progressivement vers un recours croissant à l’extraction et à l’indication de principes actifs d’origine naturelle. C’est à cette époque que des molécules comme la morphine, la colchicine ou la quinine commencent à être isolées et révolutionnent ainsi la médecine. Les pharmaciens, historiquement impliqués dans la gestion et la délivrance des plantes médicinales, ont eu un rôle déterminant dans le développement, la commercialisation et la délivrance de ces produits actifs issus de substances végétales. Après une régression marquée de leur utilisation au milieu du XXe siècle, liée notamment au développement de la chimie de synthèse, les plantes médicinales connaissent un regain d’intérêt significatif depuis une trentaine d’années : cette tendance est portée à la fois par un retour du grand public vers les médecines naturelles et par un retour renouvelé de la recherche thérapeutique vers l’exploitation des substances d’origine végétale. La flore naturelle reste une source irremplaçable de substances bioactives, à l’origine de nouvelles percées thérapeutiques au service des patients.