Mémoires transgénérationnelles : les identifier et s’en libérer

Imaginez, une peur irrationnelle que vous n’aviez jamais connue vous envahit subitement. Ou encore, vous vous révélez un talent inexplicable du jour au lendemain. Cette découverte peut être liée à un ancêtre. Comment verriez-vous votre vie à présent ? Nous allons voir comment les mémoires familiales peuvent œuvrer au profit d’une véritable dé/construction identitaire pour révéler l’essence même de qui vous êtes.

Les mémoires familiales soulèvent des questions sur la façon dont les expériences de nos ancêtres peuvent résonner à travers le temps. Nous explorerons ce concept, comment les identifier et, plus important encore, nous découvrirons des moyens concrets de s’en libérer.

Nous vivons dans un monde où nos histoires familiales, les traditions et les expériences passées peuvent laisser une empreinte durable sur notre bien-être physique, mental et émotionnel. En prenant conscience de ces mémoires transgénérationnelles, nous avons le pouvoir de briser les schémas qui pourraient limiter notre épanouissement personnel.

Les mémoires transgénérationnelles font référence aux empreintes émotionnelles, comportementales et physiologiques laissées par les expériences de nos ancêtres. Elles vont bien au-delà de simples faits historiques. Cela inclut une transmission génétique, ainsi que les schémas comportementaux, les traumatismes non résolus et les croyances qui se propagent à travers les générations.

Comment les mémoires influencent notre réalité présente ?

Imaginez vos ancêtres comme des gardiens silencieux de votre héritage émotionnel. Leurs joies, leurs peurs, leurs triomphes et leurs défis résonnent en vous aujourd’hui, influençant votre perception du monde, vos choix de vie et même votre santé. Ces mémoires transgénérationnelles peuvent agir comme des fils invisibles qui tissent des connexions entre passé et présent, façonnant vos expériences de manière souvent subtile, parfois évidente. En comprenant ce concept, nous sommes mieux équipés pour identifier ces influences dans nos propres vies et prendre des mesures pour les explorer et les libérer.

Karma et mémoires transgénérationnelles

Fondamentalement, c’est la même chose : on parle bien de mémoire. Ces deux concepts se distinguent cependant selon les cultures et les personnes impliquées.

Le concept de karma provient des traditions religieuses hindoues, bouddhistes et jainistes. Le mot “karma” signifie action ou œuvre. Selon cette croyance, chaque action effectuée par une personne aura des conséquences, que ce soit dans cette vie ou dans des vies futures. Le karma est associé à la loi ou cycle de la cause à effet, où les actions d’une personne influencent sa destinée future. Si une personne accomplit des actions positives, elle récoltera des résultats positifs, et vice versa. Le karma est souvent perçu comme une affaire individuelle, chaque personne étant responsable de ses propres actions et des conséquences qui en découlent. On peut avoir créé du karma dans une vie antérieure, on peut créer du karma nous-même dans notre vie actuelle (par exemple, si je lance le mauvais œil à ma voisine, j’en récolte les conséquences), ou encore, hériter du karma d’un ancêtre non résolu. Le karma englobe, pour ainsi dire, les mémoires transgénérationnelles.

Au concept de mémoires transgénérationnelles se superpose celui de la psychologénéalogie. La psychogénéalogie pose le principe de l’existence dans une famille de règles de loyautés, d’injonctions, de permissions et de non-dits, qui fixent le rôle et les obligations de chacun dans le système familial mais également de la transmission transgénérationnelles des traumatismes familiaux. En examinant l’arbre familial, la psychogénéalogie vise à identifier les influences familiales inconscientes afin de favoriser la compréhension et la résolution des problèmes émotionnels ou comportementaux chez l’individu. Lorsqu’on explore les transmissions transgénérationnelles, on rencontre inévitablement les travaux d’Anne Ancelin Schützenberger, psychanalyste et enseignante en psychologie clinique à l’université de Nice. C’est elle qui a forgé le concept de psychogénéalogie. Bien que Freud ait évoqué le concept d’inconscient collectif et familial en 1913 dans son ouvrage “Totem et Tabou”, et que Karl Gustav Jung l’ait largement développé à la même époque, c’est à Anne Ancelin Schützenberger que l’on doit la théorie de la psychogénéalogie et son application pratique.

Le concept de mémoires familiales fait donc référence aux empreintes émotionnelles, comportementales et physiologiques laissées par les expériences des ancêtres et transmises à travers les générations. Les mémoires transgénérationnelles se concentrent sur l’influence du passé sur le présent. Elles peuvent influencer les schémas comportementaux, les croyances et les émotions des individus sans nécessairement être liées à des actions spécifiques. Les mémoires transgénérationnelles se transmettent de manière inconsciente.

Le karma met l’accent sur la responsabilité individuelle (l’action et le processus de cause à effet), tandis que les mémoires transgénérationnelles soulignent l’influence collective du passé familial (l’émotion et le processus de transmission inconsciente).

Mémoires transgénérationnelles et intergénérationnelles

La principale différence réside dans l’échelle temporelle et la nature des éléments transmis. Les mémoires transgénérationnelles mettent l’accent sur la transmission à long terme d’expériences profondes, souvent traumatiques, entre des générations lointaines ne s’étant pas forcément cotoyées, tandis que les mémoires intergénérationnelles se concentrent sur la transmission plus large d’éléments culturels, sociaux et familiaux à travers des générations qui se sont connues.

Les mémoires transgénérationnelles font référence à la transmission d’expériences, de traumatismes, de croyances, ou d’autres aspects psychologiques ou culturels à travers plusieurs générations. Ce concept est souvent associé à la transmission de traumatismes ou d’événements significatifs qui ont un impact sur la psyché des individus et qui peuvent se manifester dans le comportement, les attitudes ou les schémas familiaux sur plusieurs générations. Ces mémoires peuvent être implicites et influencer les générations suivantes de manière inconsciente.

Les mémoires intergénérationnelles se concentrent sur les interactions et les relations entre les différentes générations au sein d’une famille ou d’une communauté. Cela peut inclure la transmission de valeurs, de traditions, de compétences, mais aussi de conflits ou de dynamiques familiales spécifiques. Les mémoires intergénérationnelles peuvent être intentionnelles, comme l’enseignement des coutumes familiales, ou involontaires, liées à des schémas de comportement qui se répètent de génération en génération.

Origines et transmission

Les mémoires transgénérationnelles sont des narrateurs silencieux de notre passé familial qui trouvent leur voie à travers le temps de diverses manières.

Au niveau biologique, la transmission des mémoires transgénérationnelles peut s’opérer par des mécanismes épigénétiques. Des recherches ont mis en lumière que des expériences vécues par nos ancêtres peuvent influencer l’expression génétique des descendants, créant une empreinte biologique de l’histoire familiale.

On distingue dans la cartographie du génome humain, les traits génétiques marqués par les chromosomes de la couleur des cheveux, des yeux, etc. et l’ADN non codant, qualifié d’ “ADN poubelle” car non considéré par la science. Il représente environ 80% de notre ADN. C’est là que l’émotionnel s’insère et c’est celui-ci qui nous intéresse dans l’identification des héritages. Par exemple, si une mère a vécu un traumatisme, cela peut impacter son ADN, qui est ensuite transmis à ses enfants, et ainsi de suite. Cela se comprend aussi quand on se penche sur l’importance de nos pensées créatrices (mes pensées créent ma réalité).

Outre la transmission biologique, les mémoires transgénérationnelles peuvent également être transmises culturellement. Les histoires familiales, les valeurs, les rituels et les traditions sont autant de canaux par lesquels les expériences du passé sont communiquées aux nouvelles générations. Ces récits façonnent notre identité collective et influent sur nos perceptions du monde.

Les mémoires transgénérationnelles peuvent être transmises émotionnellement et comportementalement. Les modèles de comportement, les réponses émotionnelles et les schémas relationnels observés chez les parents peuvent être intériorisés par les enfants, créant ainsi une continuité dans les dynamiques familiales au fil des générations.

Cette compréhension ouvre la voie à la reconnaissance de ces influences dans notre quotidien et, par conséquent, à notre capacité de les comprendre et de les libérer.

“Assumer le passé, c’est aussi butiner dans le jardin familial pour en faire son miel.”

Quand l’Histoire façonne notre réalité

Les mémoires transgénérationnelles sont profondément enracinées dans l’histoire et la psychologie humaines, et l’exploration d’exemples concrets peut éclairer la manière dont ces héritages émotionnels se manifestent à travers les générations.

Prenons l’exemple des survivants de la seconde guerre mondiale, notamment ceux qui ont vécu l’holocauste. Les traumatismes profonds de cette période ont laissé des cicatrices émotionnelles qui ont été transmises aux générations suivantes. Les enfants et petits-enfants de survivants peuvent ressentir des effets indirects tels que l’anxiété, la culpabilité, voire une perception du monde teintée par les expériences de leurs ancêtres. Ceci est d’autant plus subtil qu’il est difficile de les identifier à partir de symptômes qui peuvent s’apparenter à des signes de déséquilibres courants.

Par ailleurs, le trauma transgénérationnel doit son origine d’étude aux décennies postérieures à la seconde guerre mondiale. C’est à cette période que divers travaux purent démontrer que les générations descendant des survivants de l’holocauste adoptaient des comportements déterminés (cauchemars, problèmes affectifs et problèmes de comportement) qui mettaient en évidence le fait que le trauma original des grands-parents continuait d’être contenu de manière différente chez les petits-enfants.

Les effets des traumatismes familiaux

Des études de cas contemporaines montrent également comment les mémoires transgénérationnelles se manifestent dans la vie quotidienne. Par exemple, des recherches ont examiné comment les enfants de personnes ayant vécu des traumatismes, tels que la guerre ou la violence domestique, peuvent présenter des symptômes similaires, même en l’absence d’une expérience personnelle directe du traumatisme.

Les générations postérieures à la personne qui a souffert du trauma original peuvent ne pas développer ces mêmes troubles, mais elles seront très certainement plus vulnérables que d’autres personnes à l’anxiété, au stress et à la dépression.

Dans les familles d’immigrés, un choc émotionnel lié au déracinement peut impacter la faculté d’un descendant à percevoir le changement, voire sa façon d’aborder le futur, le voyage, les étrangers. Une des mémoires marquantes de ces familles est la difficulté à s’enraciner dans un nouvel espace et à se faire tout petit pour ne pas se faire remarquer. Par ricochet, l’éducation parentale se focalisera sur l’importance de “rentrer dans le moule”, ayant pour conséquence un manque de confiance en soi, une difficulté à reconnaître ses talents, une posture de contentement et de “c’est mieux que rien”.

Soulevons également qu’à l’époque, faire appel à un thérapeute n’était pas une pratique courante. De fait, si une mère a subi des violences sexuelles dont elle a pu s’extraire du scénario qu’à la majorité, tentant simplement d’oublier les dégâts causés (le couvercle sur la casserole), l’empreinte reste enfouie et s’exprime par divers moyens : anxiété, troubles alimentaires, dépression, insomnie, hyper vigilance, etc. Un trauma non résolu est un trauma qui reste et se transmet, générant des traumatismes.

Rappelons que les niveaux élevés de cortisol dans le sang au cours de la grossesse affectent le développement du fœtus. Expérimenter des niveaux de stress et d’anxiété élevés au cours de cette période peut programmer certains systèmes biologiques chez le fœtus, en le prédisposant à souffrir de maladies diverses et de troubles émotionnels.

“Ce qui ne s’exprime pas en mots s’exprimer alors en maux.”

Au niveau individuel, les mémoires transgénérationnelles peuvent se manifester dans les dynamiques familiales. Par exemple, un schéma de comportement hérité d’une génération à l’autre, comme le manque de confiance en soi ou la tendance à éviter les conflits, peut être le résultat de mémoires transgénérationnelles non résolues.

Au niveau de la vie quotidienne, ces mémoires peuvent se manifester sous forme de schémas répétitifs, de peurs irrationnelles, de choix de partenaires ou de carrières, tous teintés par les expériences passées de nos ancêtres.

Comprendre comment ces mémoires influent sur nos actions quotidiennes nous donne le pouvoir de prendre conscience de ces schémas et d’initier le processus de libération.

Cas de transmissions transgénérationnelles

– Traumatismes de guerre : Les expériences traumatiques vécues par une génération peuvent affecter la suivante. Les vétérans de guerre, par exemple, peuvent transmettre des traumatismes non résolus à leurs descendants.

– Clivages politiques, trahison, autoritarisme, dictature.

– Traumatismes de persécution : Les familles ayant subi des persécutions, telles que l’Holocauste, peuvent transmettre des traumatismes et des séquelles émotionnelles aux générations suivantes.

– Violences familiales : Les situations de violence domestique, d’abus physique ou psychologique peuvent laisser des traces sur plusieurs générations, affectant les dynamiques familiales et le bien-être émotionnel.

– Migration forcée, exil, déracinement : Les familles qui ont vécu des migrations forcées, qu’il s’agisse de déplacements liés à la guerre, à la pauvreté ou à d’autres facteurs, peuvent transmettre des expériences de déracinement et d’adaptation difficiles.

– Deuil non résolu : La façon dont une famille gère le deuil peut avoir un impact sur les générations futures. Un deuil non résolu peut se manifester à travers des schémas de comportement ou des attitudes face à la perte. Ce sont des bombes à retardement.

– Meurtres, “cadavres dans le placard”.

– Croyances familiales : Les croyances religieuses, culturelles ou philosophiques transmises de génération en génération peuvent influencer la vision du monde et les valeurs familiales.

– Événements historiques : Des événements historiques majeurs, tels que des révolutions, des crises économiques ou des pandémies, peuvent laisser des empreintes durables sur la façon dont les familles perçoivent le monde et interagissent entre elles.

– Dépendances et comportements autodestructeurs : Les problèmes liés à la dépendance, tels que l’alcoolisme, la toxicomanie ou d’autres comportements autodestructeurs, peuvent parfois être transmis à travers les générations, souvent en raison de modèles familiaux.

– Discrimination et persécution : Les familles ayant subi des discriminations en raison de leur origine ethnique, de leur religion, de leur orientation sexuelle, ou d’autres caractéristiques, peuvent transmettre les expériences de stigmatisation et de persécution à leurs descendants.

– Événements naturels catastrophiques : Les familles ayant survécu à des catastrophes naturelles majeures, telles que des tremblements de terre, des inondations ou des ouragans, peuvent transmettre le stress post-traumatique et les stratégies de survie à travers les générations.

– Maladies génétiques et héréditaires : Certaines maladies génétiques ou héréditaires peuvent avoir un impact sur plusieurs générations d’une famille, influençant la perception de la santé, les décisions médicales et les relations familiales.

– Expériences religieuses ou spirituelles : Les pratiques religieuses, les croyances ou les expériences spirituelles peuvent également être transmises de génération en génération, affectant la manière dont la spiritualité est vécue au sein de la famille.

– Toute forme de violence et d’abus sexuel, viol, inceste.

– Disparitions, enlèvements. Josephine Hilgard (1906-1989), psychanalyste et médecin américaine, a démontré que dans le cas de psychoses adultes de femmes, il y a fréquemment une répétition de symptômes sur au moins trois générations. Les symptômes se répétaient quand une fille atteignait l’âge auquel sa mère avait disparu (décès ou internement psychiatrique). Et lorsqu’à la troisième génération, sa propre fille arrivait au même âge, elle aussi présentait  les mêmes symptômes que sa grand-mère au moment de sa disparition traumatique.

– Naissance secrète, naissance prématurée, mort-né, avortement, fausse-couche.

– Les syndromes d’anniversaire et les répétitions de dates.


Prenons à présent le cas d’une mère perçue comme toxique et étouffante par sa fille.

  • La mère peut avoir vécu des expériences traumatisantes dans son passé, ce qui peut influencer son comportement actuel. Les traumatismes non résolus peuvent se manifester par des comportements toxiques.
  • La manière dont la mère a été élevée et les modèles parentaux qu’elle a elle-même observés peuvent influencer sa propre approche parentale. Si elle a été exposée à des comportements toxiques dans son enfance, elle peut reproduire ces schémas.
  • Des problèmes tels que la dépression, l’anxiété, ou d’autres troubles de santé mentale peuvent contribuer à des comportements étouffants. Ces conditions peuvent affecter la perception de la réalité et la capacité à établir des relations saines.
  • Une mère toxique peut ressentir le besoin de contrôler les autres en raison d’une insécurité profonde. Elle peut voir le contrôle comme une manière de gérer ses propres peurs et incertitudes.
  • Une incapacité à communiquer de manière saine peut conduire à des comportements toxiques. Si la mère a du mal à exprimer ses émotions ou à comprendre les besoins des autres, cela peut entraîner des dynamiques négatives.
  • Une mère peut être étouffante lorsqu’elle recherche constamment la validation et l’approbation de ses actions. Cela peut créer une pression excessive sur les autres pour répondre à ses besoins émotionnels.
  • Une mère toxique peut avoir du mal à établir des limites saines, ne respectant pas l’autonomie et l’individualité de ses enfants.

En thérapie transgénérationnelle, pour comprendre ce schéma de comportement, on remonte dans l’arbre familial pour détecter le “fantôme” de l’ancêtre bourreau ou victime à l’origine d’une émotion non digérée. Bien souvent, le cas de femmes masculinisées, sévères, qui “portent la culotte” est bien plus qu’un système de défense… Il faut rechercher dans l’arbre s’il n’y a pas eu une forme de violence faite aux femmes ou des événements marquants (exemple : une ancêtre qui a perdu son mari jeune et qui a dû élever ses enfants seule sans se remarier).

Identifier les mémoires transgénérationnelles

L’identification des mémoires transgénérationnelles repose sur une reconnaissance subtile des signes et des symptômes qui peuvent émerger dans nos vies. Ces marqueurs peuvent se manifester de diverses manières, souvent de manière inconsciente. Comprendre ces signes révélateurs est la première étape vers la prise de conscience et la libération. Le chercheur de vérité se libèrera des loyautés inconscientes qui s’expriment dans une ou plusieurs problématiques parmi : la communication, l’affectif, la sexualité, le travail ou une pathologie. Une des manières de les reconnaître est le ressenti que cela ne nous appartient pas. On a beau y mettre toute notre volonté, c’est difficile à déraciner. On comprend alors qu’en héritant d’une mémoire, qu’elle soit bonne ou moins bonne, il est de notre responsabilité et notre libre arbitre de l’accueillir et la transmuter en un potentiel. Nos ombres sont toujours là pour nous faire travailler quelque chose. Quand on sait que les générations suivantes, celles de nos enfants, peuvent être impliquées, il y a énormément de chance qu’on ne les laisse pas de côté !

Répétition de schémas familiaux : Observez-vous des schémas de comportement, des dynamiques familiales ou des modèles relationnels récurrents qui semblent se reproduire de génération en génération? Exemples : choix de carrière, modèles relationnels, préférences artistiques et culturelles, schémas de mariages, naissance ou décès, objets symboliques hérités, héritages religieux ou spirituels, etc.

Émotions intenses non expliquées : Des réactions émotionnelles intenses, disproportionnées par rapport à la situation présente, peuvent être liées à des mémoires transgénérationnelles. Identifiez les moments où vos émotions semblent déconnectées de l’événement actuel. Exemple : colère envers un homme/les hommes, tristesse, etc.

Phobies ou peurs irrationnelles : Des phobies ou des peurs inexplicables peuvent avoir des racines dans le passé familial. Explorer l’origine de ces craintes peut révéler des liens avec les expériences antérieures de la famille. Exemples : peur de l’engagement, peur du manque, peur de l’avion, peur de réussir, mais aussi les peurs irrationnelles.

Défis récurrents : Certains défis, qu’ils soient liés à la santé, aux relations ou à la carrière, peuvent se répéter à travers les générations. Identifier ces défis offre une opportunité de comprendre et de briser les schémas.

Messages de l’inconscient : Prêter attention aux rêves, images et symboles, c’est révéler le langage de l’inconscient qui s’exprime à travers une mémoire cristallisée. Les rêves sont la porte d’entrée dans l’inconscient familial. Dans une démarche thérapeutique, ils peuvent donner des indices parfois troublants.

Exploration de l’inconscient et prises de conscience

Des outils  et soutiens peuvent aider à identifier ces expériences et à les transmuter.

Cas 1 : la mémoire nous fait défaut/des faux. Notre mémoire est subtilement cachée et nous reproduisons le schéma qui nous colle à la peau. C’est le principe de loyauté familiale. A ce titre, beaucoup de personnes gardent le passé sous silence, pour ne pas réveiller les “fantômes” du passé. L’évitement et le silence sont de toute évidence des freins à la libération émotionnelle.

Cas 2 : nous ressentons ces effets, mais nous ne l’entendons pas de cette oreille et nous cherchons absolument à tout faire pour l’éviter. C’est la fuite.

Cas 3 : nous ressentons ces effets, nous voulons avancer  mais nous avons du mal soit à comprendre et explorer notre intériorité soit à modifier nos comportements. Dans ce cas, la méditation, le journaling ou la thérapie peuvent aider à explorer plus profondément les influences de son passé familial. C’est l’autonomisation et la responsabilisation.

– Réflexion personnelle : Réfléchissez à vos propres expériences, émotions et comportements, en se demandant s’ils pourraient être liés à des schémas familiaux transmis.

– Généalogie émotionnelle (énergie passive) : Explorez l’histoire émotionnelle de votre famille en vous posant des questions telles que : Quelles émotions étaient valorisées ou réprimées dans ma famille? Y avait-il des schémas émotionnels récurrents? Ceci aidera à identifier les thèmes émotionnels transmis. Exemple : un père colérique, une mère dépressive.

– Analyse des modèles comportementaux (énergie active) : Examinez les comportements récurrents dans votre famille. Quels schémas comportementaux semblent se reproduire? Comment ces modèles pourraient-ils être liés aux expériences passées? Exemple : un père alcoolique, une mère étouffante.

– Écriture thérapeutique : La pratique de l’écriture peut être un moyen puissant d’exploration. Vous pouvez par exemple écrire sur vos expériences familiales, vos émotions et vos observations. Cela peut permettre de mettre en lumière des aspects de votre héritage émotionnel.

– Mindfulness/Méditation : On va s’appuyer sur des techniques de pleine conscience pour aider à rester présent dans les explorations émotionnelles. La pleine conscience peut faciliter une prise de conscience plus profonde des schémas émotionnels et comportementaux.

– Arbre Généalogique et génosociogramme : La généalogie est un outil puissant pour avoir une approche familiale visuelle en créant un arbre généalogique. En identifiant nos ancêtres dans des repères du temps et de l’espace, on peut cibler certaines expériences, identifier les moments significatifs ou les traumatismes qui pourraient être transmis à travers les générations. En psychogénéalogie, nous formons le génosociogramme qui est un arbre alimenté d’informations complémentaires aux seules informations de naissance et de décès. Les métiers, les événements marquants connus, les conditions de vie, etc.

–  Thérapie Personnelle : Des séances individuelles de thérapie sont profitables à ceux qui cherchent à approfondir leur compréhension des mémoires transgénérationnelles et à s’en libérer. Les professionnels peuvent offrir un soutien spécifique et des outils adaptés à chaque individu : hypnose, sophrologie, énergétique, astrologie, numérologie, tarologie, rituels, psychomagie, etc.

Le travail en transgénérationnel axera la thérapie sur le génosociogramme qui met en lumière les connexions transgénérationnelles telles que les secrets de famille, les non-dits, les conflits familiaux non résolus, les deuils non faits, les injustices, les déracinements, ainsi que tout ce qui a été inachevé ou non digéré par nos ancêtres, créant ainsi un héritage invisible. Ce support permet d’explorer et de comprendre les influences tant transgénérationnelles que personnelles, offrant ainsi une perspective holistique pour aborder les défis psychologiques du patient.

Le tarot et la numérologie peuvent être des outils complémentaires dans le cadre d’une approche holistique, y compris en hypnose transgénérationnelle. Voici comment ces pratiques peuvent contribuer :

– Les cartes du tarot offrent une riche symbolique qui peut servir de support pour explorer les thèmes transgénérationnels. Elles peuvent représenter des archétypes, des défis ou des ressources liés aux histoires familiales. Les tirages de tarot peuvent stimuler la réflexion et l’introspection, aidant les individus à accéder à des couches plus profondes de leur psyché pour découvrir des liens entre leur histoire personnelle et les dynamiques familiales. Alejandro Jodorowsky a notamment largement contribué dans ce domaine, offrant une perspective unique dans l’exploration de l’inconscient à travers les images symboliques du tarot. Les cartes peuvent également fournir des orientations ou des perspectives sur la résolution de problèmes spécifiques, offrant des insights utiles dans la compréhension des schémas transgénérationnels.

– Analyse numérologique : La numérologie examine les significations et les influences des nombres associés à la date de naissance, les prénoms et nom. Elle peut révéler des tendances ou des énergies qui peuvent être liées aux dynamiques familiales. La numérologie prévisionnelle explore également les cycles de vie personnelle, mettant en lumière des périodes clés qui pourraient être en résonance avec des événements familiaux importants. Cela peut aider à comprendre comment les schémas transgénérationnels se manifestent à différentes étapes de la vie. En utilisant des calculs numériques de l’inclusion, on peut identifier les défis spécifiques liés aux mémoires transgénérationnelles ainsi que les différentes “dettes karmiques” : dette à l’amour, dette au travail, dette à la liberté, etc.

Le tarot et la numérologie peuvent être des points de départ pour des explorations plus profondes. Ces pratiques peuvent aider à éclairer des aspects de l’inconscient familial, favorisant ainsi une compréhension plus complète et des perspectives nouvelles sur les héritages transmis à travers les générations. Cette approche doit toujours s’aligner avec la sensibilité et le consentement de l’individu, en veillant à respecter ses croyances, ses limites, ses capacités.

– Groupes de soutien : La participation à des groupes de soutien ou satsang est intéressante pour partager ses expériences et apprendre les uns des autres. Cela favorise une prise de conscience collective et un sentiment de communauté dans le processus de découverte.

– Les constellations familiales : Les constellations familiales sont une approche thérapeutique développée par Bert Hellinger. Elle explore les dynamiques familiales en révélant les liens émotionnels entre les membres d’une famille à travers des représentations spatiales. Les constellations familiales peuvent être un outil puissant pour identifier les mémoires transgénérationnelles en mettant en lumière les liens émotionnels et les influences invisibles qui traversent les générations. Elles offrent une perspective unique pour explorer et résoudre les défis familiaux. Comment ça fonctionne : Des représentants de certains membres de la famille sont placés dans l’espace en fonction des relations familiales et des émotions sous-jacentes. Les constellations familiales révèlent souvent des dynamiques cachées, des loyautés invisibles, et des schémas transgénérationnels qui peuvent influencer le bien-être familial. Une fois les dynamiques identifiées, des réalignements émotionnels peuvent être suggérés pour restaurer l’harmonie et le bien-être familial. Une autre méthode, le psychodrame, avancé par les recherches de Anne Ancelin Shützenberger, offre une autre approche permettant de révéler l’inconscient familial. Ces approches reposent sur l’émergence de la créativité et la spontanéité propices à la révélation de l’insconcient.

– L’importance de la bienveillance envers soi-même : Reconnaître et comprendre ces mémoires n’est pas une invitation à la culpabilité ou la fatalité, mais plutôt une occasion de guérison. Il s’agit d’adopter une attitude bienveillante envers soi-même dans ce processus de découverte. L’amour est, à mon sens, le remède le plus puissant.

– D’autres outils peuvent être révélateurs dans le cadre d’une thérapie transgénérationnelle, comme les visualisations, l’art-thérapie, le chamanisme, la psychophanie.

Retenons une chose : entamer un processus de libération des mémoires transgénérationnelles n’est pas une panacée, mais un remède complémentaire dans une démarche de responsabilisation. Lorsque la seule volonté ne suffit pas (l’égo exprime le « je veux), c’est la croyance, la foi et l’amour qui sont les « cavaliers » de nos véritables désirs.

En conclusion

La clé fondamentale pour se libérer des mémoires transgénérationnelles réside dans la conscience et l’acceptation sans jugement. Ces étapes sont cruciales pour démarrer le processus de libération et entamer un voyage vers la guérison émotionnelle.

– Prise de conscience : parfois, une simple prise de conscience peut suffire à libérer une mémoire familiale. Elle va créer un éclairage sur les influences invisibles qui peuvent découler des mémoires transgénérationnelles et nettoyer les liens plus facilement. Lorsque j’ai identifié l’impact d’une mémoire sur moi, je prends plus de recul sur ce que je vis et je crée un espace de neutralité propice à la guérison.

  – Tenir un journal d’observations, en notant les schémas comportementaux, les émotions intenses et les situations récurrentes. Cela peut servir de point de départ pour identifier les connexions avec le passé familial.

– L’acceptation inconditionnelle des mémoires transgénérationnelles est primordiale. Il est essentiel d’adopter une perspective non critique envers ces héritages émotionnels. Chaque mémoire a une histoire et une raison d’être, même si elle peut sembler difficile à comprendre à première vue. Rappelez-vous, rien n’arrive par hasard, si vous subissez une mémoire, c’est que l’Univers estime que vous avez le pouvoir de vous en libérer et vous libérerez ainsi les générations futures de votre clan.

Lorsque la prise de conscience et l’acceptation sont cultivées, elles créent un espace intérieur propice à la transformation. Ce processus permet de se détacher des schémas limitants et de commencer le voyage vers la libération des mémoires. La bienveillance envers soi-même dans cette exploration est la clé pour établir un fondement solide vers une vie plus authentique et épanouissante.

De toutes les histoires connues de répétitions de schémas à travers les âges, on rapporte que toutes les personnes impliquées ont un point un commun : un profond manque de liberté d’expression et d’amour.

Libérez-vous du transgénérationnel
Retrouvez votre souveraineté

Identifier et nettoyer ses mémoires transgénérationnelles pour se libérer des schémas hérités de l’arbre familial.

En savoir plus

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

error: