Si vous ne connaissez pas ce mot, vous avez sûrement déjà pratiqué une mudra sans le savoir, ou bien vu une personne le faire sans que vous sachiez que c’était une mudra.

Les mudras sont des gestes des mains originaires de la culture védique de l’Inde qui ont été et sont encore employées dans de multiples pratiques. On dit « une » mudra, mais il est possible de parler au masculin. On parle de langage symbolique dans les ouvrages sur la danse indienne puisqu’elles ont été développées dans cet art, jusqu’à devenir un véritable langage de signes permettant de raconter des histoires. Elles se sont implantées dans d’autres pays que l’Inde par le biais même de ces pratiques, puisque l’Inde fut une grande exportatrice de disciplines spirituelles. On les retrouve dans des arts de représentation, tels que la danse, mais également la peinture et la sculpture aussi bien que dans des pratiques spirituelles, les cultes, les rites, les méditations. On atteste leur présence dans l’iconographie hindouiste et bouddhiste, dans les danses indiennes, balinaises, dans des rites du bouddhisme ésotérique japonais, dans les anciens cultes tantriques indiens, ou encore dans le yoga.

Les mudras ne peuvent donc être rattachées à une religion particulière mais sont liées à la longue évolution spirituelle de l’Inde et à sa grande capacité à créer, à fusionner, et à exporter différents modes de croyance et d’expressions de ces croyances.

Le terme de mudra se réfère à une gestuelle propre à la fois aux yogis et aux prêtres de l’époque védique qui correspond en Inde à l’élaboration des quatre livres sacrés des Vedas entre 1700 et 1200 avant notre ère. Quant à savoir si les prêtres ont été les premiers à les pratiquer, ou simultanément avec les yogis, nous l’ignorons. Les premières traces de yoga sont très anciennes, elles remontent à 2000 à 2500 ans avant notre ère. Cependant l’emploi des mudras dans le yoga n’est formalisé que bien plus tard. On suppose que les yogis accompagnaient et stimulaient leurs exercices de méditation à l’aide de ces positions de doigts. On retrouve d’ailleurs dans l’iconographie religieuse de nombreuses mudras de méditation, attribuées à Bouddha ou à différents dieux de l’hindouisme, ce qui laisse à penser que la pratique des yogis aurait inspiré ces représentations. On parle aujourd’hui de « Yoga des doigts ».

 

 

“Lorsque je méditais récemment sur la notion de mudrâ, le symbole de sceau m’est apparu avec une force particulière. Nous aussi, nous utilisons inconsciemment un certain geste pour sceller, par exemple un accord conclu avec quelqu’un ou même avec la conscience cosmique, ou pour donner un poids particulier à une décision. De la même manière, nous pouvons aussi sceller quelque chose avec nos forces intérieures : nous pouvons aussi conclure un traité avec nous-même. Un sceau protège aussi toujours ce qu’il y a de mystérieux. Je ne crois pas que nous comprendrons jamais entièrement l’essence d’une mudrâ. Car, là où il y a du mystère, on touche au divin -de sorte que chaque mudrâ nous amène aussi en fin de compte une liaison spéciale avec la conscience cosmique (ou ce qu’on appelle le divin ).” (Gertrud Hirshi Les Mudras. Le yoga au bout des doigts.)

Mudra veut dire « signe » ou « sceau ». Les extrémités du corps que sont les mains et les pieds sont aussi les extrémités de nos canaux subtils, les nadhis, concentrés d’énergie : le Prana. Travailler avec les mudras est une façon d’harmoniser notre état physique, contrôler nos émotions, augmenter la concentration, et en fin de compte harmoniser notre être individuel aux processus de l’Univers.

 

Chaque doigt de la main correspond à un élément :

Agni (le feu) correspond au pouce, vayu (l’air) à l’index, akasha (l’éther) au majeur, prithvi (la terre) à l’annulaire et jala (l’eau) à l’auriculaire. En faisant des combinaisons avec les doigts, nous faisons collaborer les différents éléments avec lesquels l’Univers entier est tissé, y compris notre corps.

 

Il n’est pas indifférent que les mudras soient également employés de manière thérapeutique afin de remédier aux insuffisances et aux maladies. Dans la médecine indienne comme dans la médecine chinoise, les pieds et les mains sont en étroite relation avec les organes principaux. Ce qui est d’ailleurs à l’origine de méthodes de guérison que nous connaissons en Occident comme l’acupuncture, l’acupressure ou la science des marmas pour l’Ayurvéda.

Dans les mudras, le contact d’un doigt avec certains points de la main, permet de presser ou de stimuler les organes correspondant comme on pourrait le faire par l’acupuncture ou l’acupressure. Dans l’Ayurvéda (médecine ancienne indienne), chaque doigt de la main correspond à un chakra de la colonne vertébrale et à un des cinq éléments. Le dysfonctionnement d’un chakra qui est aussi la présence insuffisante d’un élément dans le corps, peut mener à un dérangement corporel ou mental.

 

Voici quelques mudras et leurs bienfaits.

 

Le plus connu des mudras est Anjali mudra, ou Atmanjali mudra. Dans ce geste, nous lions notre partie spirituelle et matérielle, l’énergie solaire et lunaire. Le fait de joindre les mains à la poitrine, au chakra du cœur, apporte la paix et l’amour. C’est le mudra de demande et de remerciement.

 

Gyan ou Jnana mudra et Chin mudra. Dans ce geste, l’union entre l’homme et le Divin est représenté. Le pouce est l’Âme universelle (Brahman) et l’index, l’âme individuelle (atman). Le feu (le pouce) s’assoie avec l’air (l’index) et cela forme un cercle pour que l’énergie circule à l’intérieur sans sortir à l’extérieur. C’est un mudra de concentration, de connaissance, de réception. La paume tournée vers le ciel signifie l’appel à la compréhension de l’Univers : Gyan ou Jnana mudra. La paume tournée vers la terre signifie l’appel à la compréhension du Soi : Chin mudra.

 

 

Dhyani mudra est le mudra de l’élimination de l’illusion. Les deux pouces représentant l’Âme universelle se joignent pour faire circuler l’énergie spirituelle. La forme d’une coupole vide incite à méditer sur le vide. Ce mudra est souvent associé au Bouddha.

 

 

Prana mudra représente l’élément feu associé à l’élément terre pour purifier et augmenter le prana (l’énergie vitale). C’est un mudra dynamisant et donnant de la force, il aide aux problèmes des yeux et du sommeil.

 

 

Shunya ou Shuni mudra est un excellent mudra pour calmer le mental pendant la méditation. Il aide à purifier et améliorer l’oreille physique et l’oreille subtile intérieure. Le majeur associé à l’élément déther, une fois activé dans ce mudra, invite à explorer l’espace.

 

 

Shankh mudra se pratique avec le pouce droit qui canalise l’énergie du feu, couvert par la main gauche, ce qui fait réduire Pitta et équilibre Vata et Kapha. Ce mudra qui représente une conque renforce et améliore la voix, il est donc conseillé aux chanteurs, orateurs, professeurs. Il apaise les maladies et l’inflammation de la gorge. Chantez le Om avec ce mudra pour activer ses énergies.

 

 

Surya mudra est pratiqué avec le pouce (feu) domine sur la terre (annulaire) et active l’énergie solaire. Ce mudra donne la force physique et provoque un amaigrissement sain. On peut se concentrer sur le plexus solaire pendant la pratique.

 

 

Ganesha mudra, du nom du dieu Ganesh, se pratique les mains installées au niveau de la poitrine qui doivent tirer dans des directions opposées. Ce mudra travaille sur l’ouverture de Anahata, le chakra du cœur, la capacité de recevoir et de donner l’amour. Il permet de régler les problèmes respiratoires et il améliore le fonctionnement du cœur.

 

 

Ksepana mudra est un mudra de détoxication qui permet d’évacuer le stress. Durant sa pratique, il faut se concentrer sur les  énergies négatives qui quittent le corps, notre vie et notre mental et que l’on est prête à recevoir pour continuer à servir l’Univers.

 

 

Lotus mudra est le symbole de l’ouverture du coeur à la nature et au Divin. Il permet de visualiser une fleur de lotus qui s’ouvre. Ce mudra aide à développer la compassion et l’acceptation du monde extérieur.

 

 

Akini mudra est un mudra de concentration, de réflexion et d’activation de l’intellect. Il permet l’échange entre les deux hémisphères cérébraux et il améliore la mémoire. Les 5 éléments et les canaux énergétiques sont activés de manière égale.