Avortement : accompagnement de l’âme et rituel de libération

Avortement : accompagnement de l’âme et rituel de libération

Il a fait couler beaucoup d’encre, celui pour qui tant de femmes se sont révoltées quand d’autres luttaient pour leur droit de choisir d’être mère ou non. Toutes explications scientifiques, religieuses, spirituelles ne suffiront cependant pas à apaiser la conscience de celles qui entament un processus d’avortement dont les débuts sont marqués par une myriade d’émotions parfois contradictoires, et divergentes selon les cas. Car il s’agit bien là d’arrêter l’évolution d’une vie que l’on n’a souvent pas choisi de voir naître en soi, ou que l’on n’attendait pas, pour laquelle on ne se sentait par prête. Les raisons sont aussi variées qu’il n’existe de nuances dans un arc-en-ciel.

Avortement.
Ab. : séparation; ortare : naître

Au-delà du drame social que représente cette pratique, il y a à chaque fois un drame individuel, nourri par des maux physiques émotionnels et psychiques. Culpabilité, douleur morale, remords intenses…
L’avortement est un moment douloureux dans la vie d’une femme, mais aussi pour les hommes qui choisissent de les accompagner. On croit à tord, lors d’une première phase de soulagement, que nos problèmes sont résolus… Mais différentes étapes sont nécessaires et il est important de les intégrer, les vivre en conscience afin que l’avortement ne s’inscrive pas dans nos mémoires refoulées.
Embryon, fœtus, ou bébé, on pense soulager nos consciences en minimisant l’impact d’un avortement selon son stade d’évolution… mais la vie est bien présente dès le départ, et c’est votre corps qui en a été la matrice, ce corps merveilleux, que l’on a envie de rejeter et asséner de préjugés, de colère et de culpabilité, alors qu’il ne fait que son travail…

Une connexion spirituelle

Après avoir vécu un avortement, vous pourrez constater peut-être que vous vous sentez encore connectée à l’âme de ce fœtus. Ce lien spirituel pourra se concrétiser à nouveau si cette âme choisit de s’incarner plus tard dans votre ventre, ou peut-être signer la fin d’un contrat pour un enfant qui n’a jamais été censé vivre une vie humaine. Simplement, en raison de ce lien spirituel avec vous, il a accepté d’être l’âme incarnée pour cet avortement.
Vous aviez peut-être besoin de passer par cette expérience, cette épreuve, alors que lui-même n’a jamais voulu vivre une vie humaine. Il se pourrait même qu’après l’avortement, vous ne ressentiez aucune connexion spirituelle avec cette âme et c’est également très bien.

L’avortement n’en reste pas moins une des façons de mourir comme une fausse couche, un jumeau mort in utero, un enfant mort-né… C’est un sujet sensible et douloureux, trop souvent occulté ou nié, qu’il faut aborder d’un point de vue holistique (et non plus seulement physique, émotionnel ou philosophique) afin de faciliter la guérison des traumas qu’il génère trop fréquemment.

Prendre la décision d’avorter n’est pas seulement une manière de s’exposer dans le futur en se demandant comment cela va se passer (et bien d’autres interrogations sans réponses…); ce futur censé résoudre notre présent… mais il se pourrait qu’il éclaire notre passé. On se demandera alors « pourquoi ai-je accepté la vie à cet instant de mon chemin ? » et « pourquoi dois-je choisir d’éteindre ce bourgeon de vie et l’abandonner ? ». On notera que le mot « abandon » fait écho en nous, souvent traduit à tord comme un acte de lâcheté, de culpabilisation et source de mal-être. Or, abandonner ne serait-ce pas plutôt « lâcher », en ce sens : lâcher prise… ?
Le véritable chemin de guérison commence dès lors qu’une prise de conscience, une acceptation avec amour, ont éclairé notre chemin intérieur.

L’accompagnement de l’âme

Pour qu’un avortement soir vécu de manière positive, il est fondamental de se sentir libre, respectée, accompagnée et protégée, ceci étant indispensable pour le deuil à venir. Car un deuil, que l’on soit dans l’acceptation ou non de ce processus, que ce soit bien ou mal vécu, s’inscrira inévitablement en nous et laissera des traces. Aussi douloureuse qu’ait pu être cette épreuve, au plan physique et moral, il ne faut pas occulter la phase très importante de l’accompagnement de l’âme liée au fœtus, qui doit se libérer de ce plan.
En fonction du vécu et de la capacité de chacun à transmuter la situation, il est certain que l’âme aura plus de facilité à repartir d’où elle vient, ou à l’inverse, sera emmêlée dans une « glue émotionnelle », attachée à celle qui aurait pu être sa mère, sans comprendre ce qui lui arrive.

Colère, frustration, culpabilité ne doivent pas s’enkyster en soi. Pour faire la paix avec soi, il faut comprendre les raisons de cet événement, ses origines conscientes et inconscientes. Il importe donc de reconnaître l’âme et de l’aimer, en lui expliquant les raisons de cette décision. On comprend aisément que toute résistance est source de douleur; à l’inverse, lâcher prise permet de se sentir soulagée.

L’acte d’avortement ne tue pas l’âme, car elle est par nature, éternelle, même s’il peut la « tuer » psychiquement, l’éteindre, lui faire perdre sa brillance, parce qu’elle serait devenue une éponge émotionnelle de la situation.

Le rituel de libération et le pardon.

L’acte d’avortement doit être considéré comme sacré afin d’éviter d’en souffrir. Femmes et hommes concernés doivent prendre soin d’eux et de toutes ces âmes ignorées afin qu’elles puissent continuer leur chemin en paix, qu’elles soient remerciées et guidées vers la lumière, car ce sont les enfants de demain.
Lâcher de ballon, bougie flottant sur la rivière, lettre de pardon, prières, sont autant d’actes symboliques permettant de concrétiser cette libération des âmes. Choisissez un rituel qui vous correspond le mieux et libérez-vous au moment opportun, quand vous vous sentirez prête. Demandez pardon à cette âme et pardonnez-vous à vous-même. N’hésitez pas à faire appel à un thérapeute pour vous aider à évacuer les mémoires énergétiques de l’avortement.

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Auteur

Vanessa Bianchi