L’enfant vit naturellement ses émotions, tandis qu’une fois adulte, c’est son égo qui prend le dessus. A l’intérieur de chacun d’entre nous, il y a ce parent qui établit les règles, cet adulte  qui décide, qui pense et résout les problèmes et cet enfant qui ressent et réagit. Les expériences de la vie forgent le mental qui a tendance à étouffer les émotions ; celles-ci ne pouvant être exprimées librement, elles finissent par resurgir à un moment ou un autre. Chassez le naturel et il revient au galop ! Nos désirs de réalisation et de construction dictent nos vies quotidiennes, dans la course folle du temps, nous nous déconnectons de l’enfant qui sommeille en nous. Dans la majorité des cas, il faut attendre un élément déclencheur, voire un choc émotionnel, pour reprendre contact avec cet enfant brimé, abandonné et réduit au silence par l’adulte que nous sommes devenus. Comment savoir si cet enfant intérieur existe et qu’il a besoin d’être écouté ? Il suffit de s’observer et de nous regarder agir. Une souffrance non cicatrisée, des émotions à fleur de peau, des projections conscientes ou inconscientes sur l’autre, « c’est pas moi c’est lui » quand on a l’impression que tout le monde est contre soi, un mot, un regard qui déclenche une avalanche de colère : l’enfant intérieur s’exprime comme il peut et il nous joue bien des tours, souvent quand on s’y attend le moins.

En apprenant à gérer nos émotions, on muselle le lion qui rugit à l’intérieur de nous le temps d’un retour au calme, on l’apprivoise, on cherche à le comprendre plutôt que de le brider davantage et de l’enfermer dans une cage. Si nous étouffons nos émotions, et donc, que nous n’écoutons pas notre enfant intérieur, nous restons sous tension, nous RÉAGISSONS au lieu d’AGIR. Nous répondons à une situation stressante ou blessante, par une réaction identique qui ne fait qu’amplifier. En reconnaissant la situation telle qu’elle est, nous reprenons notre pouvoir personnel sur ce qui arrive, nous arrêtons de subir, nous devenons pleinement responsables de notre vie. C’est ce qu’on appelle la voie du développement personnel : la voie choisie versus la voie subie.

Comment guérir l’enfant intérieur en chacun de nous ?

Entrer en soi pour y trouver les réponses peut faire peur, car on s’imagine devoir affronter des ombres dans lesquelles on pourrait se perdre, quand notre société et notre éducation nous ont longtemps demandé de briller et d’être toujours au top. Un autre facteur déterminant est le temps. On pense à tord que « nous sommes comme çà », que « rien ne peut changer », que « çà fait si longtemps que c’est comme çà que c’est impossible de modifier les choses ». Et pourtant, la clé face à nos émotions, c’est le temps. Le temps est nécessaire pour accepter, apprendre et intégrer. Exit la fatalité, il n’est jamais trop tard pour apprendre. Chacun se doit d’écouter et de suivre son propre rythme, chacun a le droit d’avoir mal, d’avoir peur, d’avoir ses blocages et ses craintes. C’est ok avec çà. Attendre pour rester centré, patienter pour évaluer à froid nos besoins profonds et se demander si telle ou telle situation est « juste » pour soi. Attendre et sentir quand c’est le bon moment d’AGIR.

Prendre contact avec son enfant intérieur, en lui parlant, tout simplement !

Exercice d’écriture intuitive

Il est possible de converser avec son enfant intérieur par écrit. Déconnectez-vous de votre Soi adulte, et laissez parler votre spontanéité. Pour cela, prenez une feuille blanche et donnez-vous 10 minutes (si besoin, prenez un chronomètre) pour écrire ce qui vous passe par la tête. Cela vient spontanément ou pas, n’ayez pas peur de la feuille blanche. Faites parler votre enfant intérieur, avec vos propres mots. Si cela ne marche pas de suite, cela fonctionnera une autre fois.

Méditation

Avec cette méditation, vous verrez que l’enfant intérieur est un partie de vous : cette reconnexion à soi peut vous prouver que VOUS SEUL(E) êtes la clé de votre guérison.

Accordez vous une petite méditation dans un endroit au calme, où vous ne serez pas dérangé(e). Préparez-vous à l’accueillir dans les meilleures conditions, soyez complètement présent(e) pour lui. Imaginez cet enfant au cœur de vous même, de telle sorte que vous puissiez l’enlacer, le cajoler, le bercer. Cette partie de vous a besoin de votre protection aimante, soyez donc à la fois le père et la mère pour lui apporter ce dont il a besoin. Concentrez votre attention sur votre cœur, et imaginez que cet enfant se trouve en son noyau. Visualisez une lumière blanche (ou autre) tout autour de lui.

Puis, quand vous vous sentez prêt(e), les yeux fermés, visualisez, imaginez votre enfant intérieur et parlez-lui doucement. Pas de discours bien défini, laissez votre cœur vous guider, vous seul(e) savez ce qui est le plus juste pour vous. Avec ce que vous connaissez de vous et de votre histoire, laissez les mots venir spontanément afin qu’ils sonnent et résonnent, cet enfant porte vos blessures. Puis laissez venir, écoutez en silence. L’enfant intérieur à qui la parole a été si souvent bridée peut se montrer bien silencieux, en colère, sur ses gardes ou bien bavard. Accueillez-le avec amour dans ses silences comme dans son expression corporelle ou verbale. Si vous avez envie de pleurer, libérez vos larmes, faire Un avec votre enfant intérieur dans ce moment, c’est reconnaître pleinement vos souffrances. Accueillez les émotions. Si cela vous semble juste, encouragez le/la à se libérer davantage, rassurez le/la. Bercer vous, bercer le. Si cela met du temps à s’exprimer alors soyez rassurant, compréhensif, doux. Accueillez puis rassurez cet enfant qui a grand besoin de vous. Dites lui qu’il ne sera plus jamais seul maintenant. Laissez venir les mots ! Puis, racontez-lui qui vous êtes aujourd’hui, si vous êtes en couple, avec des enfants, votre travail, vos rêves, etc. Tout ce que vous partagez rassure cet enfant car vous lui prouvez que vous êtes vivant(e) malgré les blessures.

L’enfant intérieur apporte peu à peu les clefs libératrices de vos souffrances. Prenez soin de lui et prenez soin de vous. Parlez-lui souvent, cela peut prendre un peu de temps avant que les « solutions » apparaissent. Prenez également conscience que cet enfant fait partie intégrante de vous. Il n’est pas là uniquement quand vous le sollicitez. Soyez ce parent aimant et invitez le à être dans votre vie, demandez-lui de vous accompagner dans vos activités surtout celles qui vous plaisent. Expérimentez et partagez la joie avec lui. Vous pourrez être également surpris(e) de le voir prendre les rennes et vous découvrir à jouer comme un enfant dans votre bain, par exemple. Ne vous censurez pas, laissez venir et faites vous plaisir ! Sollicitez-le pour des moments agréables. Laissez le vous faire partager ses désirs d’enfant, accueillez le dans votre vie et peu à peu une vraie relation de confiance et d’amour s’installera. Vous deviendrez ce parent qui le protège et il vous réapprendra à vous émerveiller.

Aller à la rencontre de son enfant intérieur, c’est aller à la rencontre de soi. C’est s’offrir peu à peu des guérisons mais aussi libérer vos parents et ascendants car bien souvent il y a des souffrances qui se répètent de génération en génération. Prendre soin de son enfant intérieur, c’est aussi parler à l’enfant intérieur des membres de votre famille et, en vous libérant vous même, vous permettez à vos proches de gagner en légèreté.