Nous sommes nombreux à être réticents au changement, car celui-ci relève de l’inconnu. Nous pensons être des personnes “réalisées” une fois que nous avons bâti une carrière, une situation, une famille… la matière, toujours la matière ! Mais nous oublions souvent que notre bonheur ne se situe pas uniquement dans le concret et les choses extérieures à nous, auxquelles on a tendance à s’attacher et à s’identifier, mais aussi ce qui se trouve à l’intérieur de nous. Cette capacité d’être à l’écoute de notre voix intérieure ne nous a pas été apprise durant notre enfance, en tout cas pour la majorité, car il n’y a tout simplement pas de mode d’emploi. Chacun trace sa route, avec ses acquis, ses compétences, ses expériences, et accomplit son karma différemment des autres : cela s’appelle l’individualité, autre concept souvent étranger, quand on nous a enseigné qu’il fallait faire comme papa ou maman, ou comme ci ou comme çà.

Pour évoluer sur notre chemin de vie, c’est donc l’adaptation au changement qui sera la garante d’un accomplissement, non en terme de reconnaissance, ou de réussite, mais comme le signe qu’une paix intérieure a été (re)trouvée. Comment s’adapter au changement quand depuis notre naissance nous évoluons selon des schémas difficiles à quitter ? Observons Mère Nature ! C’est bien connu, la nature possède de grandes ressources pour s’adapter aux changements, qu’ils soient climatiques ou liés à l’intervention de l’homme qui sans cesse la modifie. Nous faisons partie de cette nature, alors il est tout à fait naturel et légitime de prendre exemple sur elle (c’est même, je dirais, un devoir !). La force et la rapidité qu’a la nature à s’adapter aux changements se comparent à la capacité que nous possédons tous à pouvoir changer nos habitudes, nos schémas, nos croyances limitantes, en redéfinissant notre discours intérieur et en créant de nouveaux réseaux de pensées dans notre cerveau. Notre vérité et notre force intérieure s’éveillent ainsi à de nouvelles croyances recyclées ! Lorsqu’une fleur parvient à pousser et s’épanouir dans le sable, elle puise dans ses racines profondes pour nourrir et atteindre sa pleine maturité. C’est un cheminement qui demande de la détermination et une grande capacité d’adaptation.

Je me souviens de ce moment où j’ai pris cette photo sur une plage du Portugal. Je me suis arrêtée un instant pour photographier ce végétal, avec une sensation de gratitude pour tant de beauté dans son étonnante simplicité, mais j’ai également ressenti un grand vide en moi qui s’installait, comme si cette plage immense et désertique m’invitait au recueillement et au silence. Et cette plante était là pour m’enseigner que la vie n’a pas de limites. Ce silence, il peut faire peur, quand on a l’habitude de s’affairer, de créer des liens avec l’extérieur, d’agir, encore et toujours, et pourtant il est plus que nécessaire. Dans ce silence, c’est le vide et la mort qui s’incarnent, pour faire place à un renouvellement. Lâcher l’ancien, ici et maintenant. Alors, m’est venu ce constat : pour accepter le changement et s’adapter au mouvement perpétuel de l’existence, je devais faire en sorte que mon mental soit plus souple et plus flexible. En somme, qu’il devienne comme un élastique qui se tend et se détend selon les situations.

Loin d’être une experte en matière scientifique, j’ai pu observer combien mon cerveau possède la capacité de se modifier en fonction des expériences, de l’éducation ou des pensées. De la même façon et par la force des choses, cette fleur avait réussi à modifier ses règles de fonctionnement habituelles en explorant d’autres chemins pour survivre et devenir la reine de la plage. On peut aussi comparer ce processus de changement et d’adaptation à un chemin. En empruntant toujours le même chemin, une habitude se crée. Le réflexe est donc tout naturel de choisir à nouveau ce même chemin car il est connu, on ne risque rien, on est dans une zone de confort, mais où sont les découvertes ? On finit par s’ennuyer ! En modifiant notre parcours, la première remarque que l’on fera sera qu’il peut être difficile, on peut être rapidement découragé, on a l’impression de repartir à zéro, que tout ce que l’on a fait jusqu’à présent n’est plus. C’est vrai. Quelque chose n’est plus, car une transformation s’opère, mais c’est une fausse croyance de penser que tout ce que nous avons entrepris avant ne sert plus à rien. Au contraire, ce chemin était nécessaire pour construire notre personnalité, notre caractère, nos bases. Si nous modifions notre perception et que nous observons ce paysage différemment, il devient plus agréable, il nous offre des découvertes que l’on inscrit dans nos mémoires. Par conséquent, il sera ainsi plus facile d’y revenir car le chemin sera déjà tracé. Si jusqu’à présent nous avons été capables d’inscrire des croyances bien ancrées dans nos cellules, avec des chemins bien tracés, nous sommes tout autant capables de les transformer et les renouveler. Il en est de même lorsqu’on décide de changer de mauvaises habitudes ou certaines de nos pensées. Lors de mes consultations de coaching, je répète souvent cette phrase à mes accompagnés : vous êtes comme un sablier, si vous avez été capable de descendre dans vos abîmes les plus profondes, vous êtes capables de renverser ce sablier et de remonter à la surface. La vie est un mouvement perpétuel, un va et vient, une danse incessante dans laquelle nous pouvons nous mouvoir librement.

J’espère que cet article vous donnera l’envie de trouver la force en vous pour modifier vos vieilles habitudes avec audace et détermination, pour devenir responsable de votre vie. Alors, imaginez que votre cerveau est un élastique, détendez-le, laissez lui assez d’espace pour qu’il puisse faire son rôle et ne cherchez pas à le brider. Vous serez étonnés des résultats !

Vanessa Bianchi
www.tandaime-bienetre.com